parce-que-la-vie-c-est-comme-la-boxe

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Lettre à celle qui m'a élevé

 

 

 

L'histoire aurait pu être belle à raconter, elle l'est d'une certaine façon si on ne regarde pas trop les détails.

 

Tu es venue me chercher, dans cette grande maison où j'avais été laissé tel un petit chien devenu trop encombrant.

 

La première fois que je t'ai vu moi petite fille de 7 ans, tu ne correspondais pas à l'image d'une maman telle que je me l'imaginais. Il est vrai qu'une maman j'en avais eu une jusqu'à peu et pour moi c'était et c'est toujours la plus belle. Non quand je t'ai vue à la question de l'éducatrice "comment tu l'as trouve la dame ?" j'ai répondu "elle est toute ridée".....tongue-out

 

Tu m'as apprivoisée, tu m'as cajolée pendant les mois d'adaptation, et le grand jour est arrivé : je suis venue habiter chez toi. j'avais 8 ans maintenant.

 

Les premiers temps, tout se passait bien, j'étais "ta fille" tu le répetais souvent à qui voulait l'entendre dans cette petite ville, tu étais fière de toi et puis un jour tu as changé....

 

Les phrases maladroites (?) sont apparues...moi qui n'avait pas la notion que la DDASS te rémunérait pour "ce travail" (je pensais naïvement, que tu faisais ça avec le coeur) tu ne te génais pas pour me le rappeler sans cesse : "cette année tu n'auras pas de cadeaux à noël, la ddass ne me donne plus rien pour toi...."

 

A l'occasion d'une remarque, la première gifle est tombée, puis la deuxième.....Plus je grandissais plus les coups venaient, pour rien....une mauvaise note (il n'aurait pas été plus facile, de comprendre pourquoi la mauvaise note, plutôt que de gifler?)

 

Pour un regard de travers, le pichet d'eau volait dans ma direction, les remarques aussi : "tu ne feras rien, tu seras comme ta soeur : une p...e"

 

Tu sais que je ne peux plus manger de petits pois ? sais-tu pourquoi ? la casserole qui en contenait et que tu m'as lancé dessus me reste encore en travers de la gorge presque 30 ans après....

 

Des que j'ai pu, je suis partie fondée ma propre famille, mais même cela tu as cherché à le casser.... il ne correspondait pas à ton idéal de " gendre"...oui il était plus vieux que moi et oui il n'allait pas dire amen à tout ce que tu pouvais dire....il ne se laisserait pas dicter sa vie lui....

Alors tu as cherché à gacher cela, par une lettre où tu as mis toute ta hargne, ta haine (?) ....tu as déversé des torrents d'horreurs dans cette lettre, des secrets que je t'avais dit de "mère à fille"....et tu m'as fais un mal terrible.....la pire des trahisons.....

 

J'ai vécu mes grossesses sans mère à qui me confier, je les ai élevé sans grand-mère à qui les rattacher.....

 

Les années ont passé, j'ai "grandi", je me suis construite, mais ce mal est ancré en moi....j'ai repris contact peu à peu, j'ai pleuré et pleure encore la perte de ton mari, "mon papa" et qui lui ne disait rien ou ne voyait rien et je te regarde.....

 

Toutes ces choses j'aurais voulu te les dire en face....mais te souviens tu de tout cela ? toi qui ne me reconnais plus ? toi qui m'appelle par un autre prénom ? toi qui est dans ton monde dans lequel te met cette foutue maladie et qui quelque part te laisse des souvenirs plus agréables sans doute.....

 

Je t'aime....

 

 

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08/07/2017
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